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Colloque Neurosciences et Formation 2013 : Préambule

L’ACTION DE RAISONNER.


Jeudi 21 novembre 2013
Auditorium Chemla – Institut  D'Alembert- ENS de Cachan

 

Préambule :

Au delà des techniques de raisonnement (par récurrence, par l’absurde, par analogie …) nous tentons d’interroger l’action de raisonner et son apparition chez le très jeune enfant.
Pour structurer notre démarche, nous adoptons la définition provisoire suivante : l’action de raisonner consiste à vouloir mettre en cohérence des données en vue d’un effet. Quel sens donner aux termes données, mise en cohérence, vouloir, et effet ?

Tout d’abord, les données peuvent être des objets matériels, et plus généralement des catégories que le cerveau excelle à construire volontairement ou automatiquement [1], ou des concepts. Ces données diffèrent selon les organes des sens des espèces vivantes considérées (les données de la tique et de l’homme sont différentes, à l’évidence [2]).

La mise en cohérence implique des critères (le vrai, le faux, la probabilité, l’expérience …) et des techniques (élégance, logiques, démonstrations, règles, présupposés…).
Le verbe vouloir peut prendre le sens de la volonté consciente, mais probablement aussi celui d’un automatisme appris.
Quand à l’effet, il donne un objectif à tout raisonnement. Le premier, dans le domaine scientifique, est celui de la communicabilité intersubjective. Mais bien d’autres sont envisageables comme la construction de théories, celle de modèles ou encore d’objets matériels, le souci d’utilité sociale, l’intérêt personnel comme le plaisir de la connaissance, celui de la reconnaissance sociale, le gain, le pouvoir. Nous n’aborderons pas ici l’aspect éthique. Par ailleurs, nous ne pouvons ignorer ce que pourrait être l’enseignement d’un raisonnement rigoureux.
La recherche de la nature de la réalité fut le moteur de nombreux colloques précédents. Ceux-ci laissent planer le doute sur l’existence possible d’une réalité humaine à forte composante relativiste. Antonio Damasio écrit : Si elle existe, « nous ne savons pas, et il est probable que nous ne saurons jamais, à quoi ressemble la réalité "absolue" » [3].
Or, le raisonnement, en particulier scientifique, est l’outil privilégié susceptible d’interroger le réel. Il était donc important de conclure ce cycle de colloques en tentant de discerner le caractère relatif, ou absolu, du raisonnement lui-même.

Parmi tous les thèmes envisageables, nous tenterons d’explorer les questions suivantes :

  • Existe-il des pathologies du raisonnement ? Que nous apprennent-elles de la structure du raisonnement ?
  • Comment apparaît le raisonnement chez le très jeune enfant ? Comment se produit sa maturation ?
  • Observe-t on le raisonnement chez l’animal ? Est-ce, plus généralement, une caractéristique du vivant ?
  • Quelle relation entre le raisonnement et l’intelligence artificielle ?
  • Peut-on enseigner une méthode de conceptualisation non ambiguë [4]?


[1] BERTHOZ, Alain : « La simplexité »; Collection Science, O. Jacob, 2009, Paris.
[2] VON UEXKÜLL Jakob Johann. Milieu animal et milieu humain. Ed Rivages,1956.
[3] DAMASIO, Antonio R. L'élaboration d'une explication. In L'Erreur de Descartes. Paris : éditions Odile Jacob Poches, 1995, p 121-160.
[4] MUGUR-SCHÄCHTER, Mioara, Sur le tissage des connaissances. Lavoisier, 2006.